Faire le tour de la Mayenne profonde à pied, ce n'est pas seulement réaliser une performance sportive ; c'est une forme de « slow immersion charnelle dans le paysage où chaque destination devient une caresse pour l'esprit et un éveil pour les sens. C'est accepter de traverser des zones de silence, d'apprécier la subtilité des paysages de l'Ouest, et de découvrir que la beauté d'un territoire réside souvent dans sa simplicité, sa préservation et sa discrétion. Une itinérance ressourçante pour tous les amoureux de la nature vraie.
En partant par le chemin de Compostelle vers la butte de Narbonne, le jour s’éveille et s'installe dans la clarté souveraine d’un ciel sans nuage. Ce belvédère naturel, qui domine le cœur de Saint-Léonard-des-Bois, offre un théâtre grandiose où la lumière d'une journée ensoleillée transfigure le paysage des Alpes Mancelles.
Dès les premières heures, le soleil inonde la vallée de la Sarthe, transformant le ruban d'eau en un miroir d'argent. La roche granitique de la butte, d'ordinaire austère et grise, se réchauffe sous les rayons et prend des teintes dorées. La chaleur naissante exhale les parfums de la végétation environnante : les senteurs sèches de la lande, des ajoncs et des bruyères se mêlent à la fraîcheur boisée qui monte des collines.
Depuis ce sommet, le panorama invite à la contemplation. Le soleil haut dans le ciel accentue les contrastes, dessinant avec netteté les contours des lointains bocages et des forêts denses. Les reliefs environnants, comme le mont Narbonne et le haut Fourché, semblent vibrer sous l’effet de la lumière presqu’estivale. C’est un instant où le temps paraît suspendu, rythmé seulement par le vol lointain des rapaces profitant des courants chauds et par le murmure discret de la rivière en contrebas.
St Paul le Gaultier, pour ma journée sarthoise, heureux hasard, le bar du village est ouvert. Ne pas rater d'y déguster un café pour la pause de 10h, avant de poursuivre par la plaine bocagère vers la forêt de Sillé.
Ma journée va se terminer par une ballade senteurs en forêt de Sillé le Guillaume. Celle-ci s'étend sur deux départements, la Sarthe et la Mayenne et d’une superficie de plus de 3300 hectares. Mais elle se mérite, par son dénivelé.
À peine la lisière franchie, l'air change de texture. L'odeur de la route goudronnée s'effaçe, remplacée par le parfum vif et camphré des grands sapins et l’odeur moussue, balsamique et profondément boisée des chênes. A chaque pas, le sol meuble exhale une odeur d’humus et de sous-bois, un parfum lourd et rassurant du chemin de terre mouillé.
Arrivé au terrain de camping sur les bords du lac, pas d’accueil le dimanche. Qu'à cela ne tienne, installation de ma guitoune et surtout une bonne douche chaude. Avant de dîner chichement, un petit tour des bords du lac pour détendre les muscles.
Etape : 27 km
Cumul : 176,5 km
















































