Je suis à 4 km de la ville, une petite heure donc avant de prendre mon petit déjeuner et essayer de me ravitailler, pas facile un lundi matin de très bonne heure.
Puis s’engager sur ce GR 365, c’est accepter de quitter le tumulte de cette ville pour entrer dans le rythme secret de la Terre. Le cheminement commence à l’ombre de Sillé-le-Guillaume, là où l’histoire médiévale murmure encore dans les pierres du château et où la forêt de la Charnie déploie son manteau de hêtres et de résineux. L'air y est empreint de l'odeur de la mousse humide et de la résine, une invitation à ralentir le pas.
Très vite, le sentier s'élève, et je deviens un arpenteur d’horizons. C’est la traversée de la Haute-Sarthe profonde, un paysage de bocages où les haies vives dessinent une mosaïque de verdure, refuge d'une faune invisible mais vibrante. Chaque pas sur la terre battue ou le schiste rappelle la rudesse et la beauté de ce massif armoricain aux reliefs usés par le temps, mais fiers.
Le point d'orgue de cette traversée se profile lorsque l’on approche des Coëvons. Le mont Rochard dresse sa silhouette, sentinelle coiffée de sa tour, offrant un panorama grandiose. Ici, le regard s'échappe, survole les plaines mayennaises et se perd dans le bleu infini du ciel, mais qui va vite se transformer en gris intense, avant de mouiller le pèlerin. Le vent, plus vif sur ces hauteurs, balaye les soucis du quotidien et emporte avec lui un sentiment de liberté pure, mais nous ramène à grande vitesse la pluie.
Puis, le chemin redescend doucement, s'adoucissant au fur et à mesure que l'on approche du but, celui de dormir chez Aura à quelques encablures du Mont Rochard. J’y arrive le plus tôt possible pour éviter la pluie qui risque de tomber une bonne partie de la soirée. Hélas, malgré le fait que je monte rapidement ma tente, j’en ai pris une sur le dos, mais heureusement j’ai pu mettre toutes mes affaires au sec. Ce soir Aura m'invite à dîner, dans sa maison, plus confortable.
Etape : 35 km
Cumul : 211,5 km

































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