Six heures, six degrés, si tôt oui, si tôt pour décoller, car je décolle, oui je vole vers ces si beaux chemins creux.
Mes chers amis je marche
Je vous adore, mais je marche
Vous n'aurez toujours pas votre grand’enfant
Ce soir
Je ne m'enfuis pas je vole
Comprenez bien je vole
dans mes pensées, sans parole,
Je vole, je vole
Tout au long de ces chemins creux...
où Sainte-Gemmes-le-Robert se dévoile, au loin, dans son écrin de tranquillité, au pied du mont de l'Aiguille. Ce village, riche de ses pierres anciennes et de son passé gallo-romain (non loin du site du Rubricaire), accueille le marcheur comme un havre de paix.
Ce chemin n'est pas simplement une liaison entre deux clochers ; c'est une transition poétique entre la majesté de la forêt et la sérénité des collines, une parenthèse où le temps suspend son vol, le temps d'une marche sacrée au cœur de la nature.
Aussi, je ne peux m'empêcher de monter sur les hauteurs du Montaigu où sa chapelle domine.
Pour atteindre la chapelle du Montaigu, il faut accepter de prendre de la hauteur, de laisser le tumulte en bas. Pas à pas, le sentier s'élève, bordé par une nature préservée, comme pour préparer nos cœurs à la beauté qui les attend au sommet.
Les chemins creux points forts empruntés pour relier Hambers à Grazay en passant par le Bois du Tay et sa chapelle St Yves offrent de l'ombre et protègent du vent.
Pique-nique parmi ces cèdres bleus plantés au pied de la chapelle St Yves par un breton de Kerlouan, M. Bernard qui lègue le site à la commune en 1986.
Puis, je reprends le chemin vers Grazay, et c’est parfois dans le silence des petits villages, à l'écart des grands axes, que se cachent les curiosités les plus singulières. Grazay en est un parfait exemple, notamment grâce à la chapelle Saint-Denis, un lieu qui suscite autant la dévotion passée que la curiosité historique.
Un saint "céphalophore" au cœur du bocage, – c’est-à-dire un martyr qui, après avoir été décapité, aurait marché en portant sa propre tête entre ses mains.
Mais rassurez-vous, moi j’ai bien marché la tête sur les épaules.
C’est là tout le charme des anciens pèlerinages locaux. La chapelle de Grazay n’était pas un simple lieu de prière dominicale ; elle était un centre de dévotion thérapeutique. On y venait de loin, parfois à pied à travers les chemins creux, pour invoquer le saint. On lui prêtait le pouvoir de guérir les maux de tête, les migraines tenaces, et parfois même de préserver de la folie ou des "esprits troublés".
Rien de tout cela pour moi, juste lui invoquer d’arriver au but de mon étape du jour, sans prendre les averses promises pour tout l'après-midi. Mes voeux ont quasiment été exaucés, sauf les 2 dernières minutes.
Je vais directement à la boulangerie du bourg afin de me ravitailler et direction l’église pour prendre mon goûter au sec.
Lors d’une accalmie j'irais planter ma tente sur une aire de pique-nique au bord de la voie verte.
Etape : 26,5 km
Cumul : 138 km




































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